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Mon ami

Mon ami - Donald Morrison

Lorsque j’étais jeune, nous habitions face à un magasin de Porte et fenetre Petite Nation. Mon meilleur ami d’enfance habitait juste derrière. Il nous arrivait de temps en temps de pouvoir récupérer quelques pièces de bois moulé, des charnières, et plein d’autres trucs. Nous faisions toujours en cachette des parents une vente de garage, pour revendre tout ce que l’on avait trouvé. C’est de cette façon que l’on pouvait s’acheter quelques trucs, étant donné que nos parents, à nous deux, ne nous donnaient jamais d’argent de poche. J’avais tendance à claquer tout mon argent, dès que j’en avais un peu dans la main. Ce n’était pas du tout le cas de mon ami. Il gardait tout dans un endroit bien secret. Il ne m’avait même jamais dit à quel endroit il le cachait. Il me faisait confiance en tout sauf pour l’argent.

Nous grandissions ensemble jusqu’au cégep. À partir de là, nos chemins se séparaient. Il avait fallu cinq ans pour que je le revoie, et il avait fallu pour cela qu’un ami commun se marie. Il venait vers moi ce jour-là, vêtu comme un mannequin sortant d’une voiture plus que luxueuse. Il avait apparemment bien réussi. J’avais de la chance qu’il n’ait pas vu la voiture avec laquelle j’étais venue. Il avait l’air très content de me revoir, même s’il prenait un air plutôt distingué. Il tapait dans l’œil de toutes les jeunes femmes qui passaient devant lui. Il fallait presque que je me mette à crier pour pouvoir garder quelques instants de tranquillité avec lui. Lorsque la fête touchait à sa fin, il me donnait ses coordonnées et partait. J’avais trouvé cela plutôt froid comme retrouvailles.

Il frappait à ma porte le lendemain. Il venait avec une bonne bouteille de vin. Mon intérieur, qui ressemblait à un fouillis arrangé par un ouragan, ne semblait pas l’étonner. On prenait comme à notre habitude une bonne pizza. Il m’invitait à aller passer la nuit chez lui. Il nous avait fallu trois heures de route pour y arriver. Ce n’était que marbre et glace dans un style des plus raffiné. Après coup, j’apprenais que tout l’argent qu’il avait économisé pendant toute son enfance avait servi à lui payer ses études. Il n’avait jamais fait d’emprunt, contrairement à moi. Il gagnait très bien sa vie, et avait gardé son sens de l’économie. Il me demandait de rester quelques jours chez lui, pour qu’il puisse me donner quelques petites leçons de gestion intelligente. D’après-lui, en ce qui me concerne, c’était une urgence.

 

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Donald c’était l’étrange élève du primaire, le garçon qui faisait toujours de drôles de blagues et c’est resté un trait distinctif de son caractère. Jeune homme à l’humour grinçant, il a non seulement un côté givré mais aussi un côté santé et c’est ce blogue qui le représente. Car oui, ses contenus sont souvent très rigoureux et bien construit. Son dada, nous raconter des histoires sur sa vie au quotidien. Son rêve : faire le tour du monde…rien de moins!